Windigo

D'après les récits et les témoignages recueillis par les Indiens Montagnais de la région du lac St-Jean à Pointe-Bleue, Québec. aniel Bertolino, Légendes indiennes du Canada, Flammarion ltée

Daniel Bertolino, 1982, avec la participation des Nations indiennes du Québec et de l'Ontario - costumes : Louise Jobin, Analyse : Basil H. Johnson, série télévisée à Radio-Canada, pour l'édition canadienne illustrée

L'action se situe en 1850, à l'époque où les Indiens possédaient déjà des fusils pour chasser. Voici l'histoire de Méméo, l'Indien qui tua beaucoup trop d'animaux.

Ces traces de pas dans la neige étaient gigantesques. Méméo n'en avait encore jamais vu de pareilles. La piste qu'il avait suivie s'arrêtait net maintenant à l'endroit où il avait placé ses pièges. On avait non seulement volé les animaux qui s'y étaient fait prendre mais, en outre, le gibier avait été malicieusement remplacé par des morceaux de bois.

Des grognements bizarres, des grognements terrifiants, se faisaient entendre, arrivant de partout à la fois. Méméo se sentit menacé, traqué par quelque chose qui, selon lui, n'allait pas tarder à se montrer.

« Vite, vite, il faut que je parte d'ici », se dit en lui-même Méméo. Il eut juste le temps de chausser ses raquettes, un être monstrueux et gigantesque apparut soudain au milieu de la forêt, dépassant de plus de dix fois la hauteur des sapins, écrasant tout sur son passage.

Le souffle du géant déchaîna les éléments. Méméo n'en crut pas sa vision. Sa panique était sans pareille. La tempête le poursuivait.

Tous les mauvais esprits de la forêt s'étaient-ils liés brusquement contre lui? Pourquoi lui en voulait-on ainsi? Méméo, prenant son courage à deux mains, tira en direction du géant. En vain : même les coups de feu n'y pouvaient rien.

Le monstre enragé, lança pour toute réponse d'immenses sapins, comme s'il s'agissait de vulgaires morceaux de bois.

- Il faut fui, fuir, fuir, fuir, fuiiiiir. s'était-il mis à hurler.

Jamais Méméo n'avait eu aussi peur.

Jamais Méméo ne s'était senti aussi démuni devant une telle puissance, une telle furie.

Le géant, pourtant, cessa de s'acharner, la tempête se calma et Méméo en profita pour rejoindre son village.

Il raconte, bien sûr, ce qu'il venait tout juste de vivre.

Cette histoire de géant et de tempête brutale avait rempli d'effroi les villageois. Il s'agissait certainement de Windigo, cet esprit à la fois maléfique et bienveillant, considéré par les Indiens comme le vengeur de tout ce qui est excessif. Personne n'en savait rien au fond et c'est pourquoi, quelques jours plus tard, Méméo décida de retourner chasser.

Cette fois, Méméo était accompagné de sa femme; le voyage serait plus long et plus pénible. L'hiver avait été très dur, les animaux se faisaient rares. partout c'était la famine. Méméo ne pouvait plus supporter de voir souffrir son peuple. Il avait décidé d'agir, d'agir seul avec sa femme, puisque les autres étaient désormais trop affaiblis par la faim.

- Ne dépasse pas les limites de notre territoire de chasse, Méméo. déclara le frère de Méméo qui était en même temps le sage du village.

- Ne vous inquiétez pas. Bientôt vous pourrez tous manger, nous reviendrons et j'aurai tout le gibier qu'il faut. Nous serons de retour avant la première lune, adieu à tous.

L'expédition tentée par Méméo et sa femme, alors que la présence de Windigo était signalée, touchait à l'exploit.

- Surtout ne tue pas plus d'animaux qu'il n'en faut, lui cria enfin le frère de Méméo.

Méméo était un être entêté et peu scrupuleux des traditions et des lois qui gouvernent la nature. Son peuple avait faim. II le nourrirai quoi qu'il arrive. Son territoire de chasse était déserté par les animaux. Eh bien, il irait frapper ailleurs, au-delà des limites permises.

Ils marchèrent plusieurs jours ; leur progression était épuisante car la neige était profonde dans les sous-bois. Pendant ce temps, ils ne virent passer aucun animal et ne découvrirent pas même une trace dans la neige fraîche. Le couple arriva enfin près d'une source vive.

- Notre territoire de chasse s'arrête là, Méméo, allons-nous-en d'ici, maintenant, observa sa femme.

- Ne t'inquiète pas pour si peu. Tiens, regarde ces traces, là-bas. Vite, le gibier est par là, II faut y aller.

La femme de Méméo se sentait impuissante devant l'autorité et la détermination de son mari. Elle ne parvenait pas non plus à oublier tout ce qu'on lui avait dit sur Windigo. « II paraît que Windigo est un horrible cannibale. Il ne se manifeste qu'en période de froid intense et quand tout le monde est affamé. Il ne parle pas, il grogne, II hurle même et II écrase comme des mouches tous ceux qui sont contre lui. Windigo sait tout, voit tout, entend tout et II ne se montre qu'à la tombée du jour. » Méméo construisit son campement dans une petite clairière isolée au milieu de la forêt.

Et ce soir-là. Méméo, lui qui se croyait brave, dut bien se rendre à l'évidence. Il avait peur, peur de ne plus jamais se réveiller... Tout au loin, il eut l'impression d'entendre des grognements, les grognements de Windigo. Méméo n'osa pas prévenir sa femme qui, déjà s'était endormie.

Au même moment et à plusieurs journées de marche de là les Indiens d'un autre village, ravagé lui aussi par la famine. s'inquiétèrent à leur tour des grognements et des bruits sourds venus du fond de la forêt.

La présence invisible de Windigo hantait les environs, elle faisait trembler les Indiens, terrifiait les enfants.

Ici, dans ce village autrefois bienheureux, c'était la désolation. Les chasseurs revenaient chaque jour bredouilles, épuisés, découragés. Leurs pénibles et interminables marches dans les bois, dans la neige, dans le vent glacial, ne contribuaient qu'à les affaiblir davantage.

Jamais, auparavant, la tribu n'avait été aussi affamée. Cette situation critique n'était vraiment pas normale.. Quelque chose de très grave avait dû se passer. Le chaman du village décida, ce jour-là, d'en avoir le cour net :

- Que tout le monde se réunisse dans ma tente. Nous allons conjurer le mauvais sort.

Dès qu'ils furent rassemblés près du chaman, celui-ci déclara qu'il allait chercher à savoir ce qui se passait; pour se faire, il interrogerait les forces bénéfiques qui protégeaient encore le village.

Les chamans montagnais utilisaient ce qu'ils appelaient la tente tremblante afin d'entrer en contact personnellement avec les esprits qu'ils désiraient consulter.

Effectivement, le chaman entra dans une toute petite tente qui se trouvait au centre de la grande tente où le groupe s'était installé. Presque aussitôt, on attendit comme le bruit d'une mouche qui bourdonnait, volait et s'agitait à une vitesse folle. Elle vola hors de la tente tremblante.

Elle était envoyée par le chaman afin qu'elle fasse pour lui une véritable évaluation de la situation. Les villageois qui n'avaient encore jamais vu voler une mouche en plein hiver étaient fascinés. Après avoir fait une première sortie au-dehors, la mouche magique revint parler au chaman « Il faut que j'aille très loin, jusqu'aux limites extrêmes de ton territoire de chasse, je pars... » Et aussitôt, elle s'en alla en bourdonnant, car là-bas, peut-être, elle comprendrait pourquoi les chasseurs n'attrapaient plus de gibier. La mouche volait à une vitesse vertigineuse par-delà les vallées et les forêts; lorsqu'elle fut sur les lieux, la mouche émissaire n'en crut pas les mille facettes de ses yeux. Elle venait de découvrir le campement d'un chasseur étranger. Des dizaines d'animaux tués y étaient suspendus. Ce chasseur, accompagné de sa femme, s'était installé sur une terre qui n'était pas la sienne. C'était donc lui le responsable de la famine. C'était lui le voleur d'animaux...

Des lièvres, des castors, des caribous, des ours... Voilà pourquoi tous les Indiens mouraient de faim. Méméo la chasseur avait donc presque tout chassé. Il était très habile, certes, mais il avait été excessif. Méméo était d'autant plus en faute qu'il n'avait pas respecté les limites du territoire de chasse de son village.

La mouche revint très vite avertir le chaman qui attendait toujours dans la tente tremblante. Alors le chaman fit appel à tous les esprits vengeurs qu'il connaissait. Sa colère était impossible à assouvir. Les esprits furent si nombreux à répondre que la petite tente qui les abritait se mit à bouger, puis à trembler de plus en plus vite, faisant craquer de part en part la grande habitation familiale. Mais que pouvait-il dont se passer dans cette tente tremblante ? Les villageois affamés étaient terrifiés car, jamais encore leur chaman n'avait suscité une aussi puissante réaction des esprits des vivants et des morts.

Et puis, tout s'arrêta de bouger. Le chaman sortie de la tente, ruisselant de sueur, et déclara :

- Windigo va nous venger. De l'épuisement du chaman allait donc naître la force la plus fantastique qui fût: le Windigo.

Sur le chemin qui longeait une clairière, Windigo apparut soudainement. Il n'avait pas mangé depuis bien longtemps et sa taille était encore très petite, Windigo avait une allure monstrueuse ; des cheveux ébouriffés longs et noirs. cachaient son visage buriné et marqué par des rides profondes. Son nez était énorme, ses yeux étaient exorbités et perçants, cerclés par d'énormes sourcils.

Dès que Windigo voyait un animal passer. Il devenait comme fou, avide de se nourrir de chaire fraîche, une chaire qui lui permettait d'augmenter sa diabolique puissance.

Plus Windigo se nourrissait plus Windigo grandissait, plus il devenait dangereux, pour ceux qui osent défier les lois qui règlent l'univers en commettant des excès.

Non loin de là, tandis que Windigo prenait des forces. Méméo, le chasseur étranger sans scrupules, ne se souciait pas de la terrible pénurie de nourriture qu'il était en train de causer. Avec ses piéges II continuait à tuer tous les animaux qu'il pouvait trouver mais ces grognements bizarres tout autour de lui le mettaient mal à l'aise. Un jour, il entendit craquer les arbres, mais il n'osa pas regarder dans la direction des sapins qui venaient de s'écraser au sol, non loin de l'endroit où II se trouvait:

- Je n'ai pas peur, s'écria-t-il tout haut, je n'ai pas peur...

A présent, il ne pouvais plus ignorer ces grognements inhumains ; pourtant, il essayait de garder son calme, de maîtriser l'affreuse panique qui le tenaillait. II se remit en marche en direction de son campement. Brusquement, un arbre qui s'abattit à ses pieds, lui fit perdre tout contrôle. II se rua vers son campement, à la recherche de sa femme, et cria :

- Femme, ma femme, es-tu blessée ? Où es-tu ? Réponds-moi !... La femme de Méméo avait été projetée à terre par un violent coup de vent.

- Que se passe-t-il ? Pourquoi suis-je tombée? demanda-t-elle.

- Je ne sais pas, vite, abritons-nous.

La femme de Méméo se rappela alors tout ce qu'on disait sur Windigo. « Windigo déclenche les éléments, provoque des tempêtes dévastatrices, écrase ceux qui méprisent les lois des ancêtres. Quand II se déchaîne, nul ne peut le retenir. »

Ahuri par tant d'événements incontrôlables, le couple alla sa cacher dans la tente. Le vent s'était levé. la tempête bousculait tout, précipitant sur le sol les peaux de Méméo. Toute la viande gelée qu'il avait amassée fut enfouie sous la neige qui s'abattait maintenant par bourrasques incessantes.

- Prends ton fusil. Méméo, tire, il faut tirer en l'air, le bruit va lui faire peur.

Méméo tira effectivement en l'air mais Windigo, au même moment décida qu'il avait assez montré sa force. Il s'en alla. La tempête se calma, les grognements cessèrent presque aussitôt et le ciel redevint bleu.

- Méméo, nous n'aurions jamais dû venir ici.

- Oui, tu as raison, ma femme, nous partirons demain dès le lever du jour.

Méméo, cette fois, ne s'était pas fait prier pour écouter sa femme. Mais il arrive parfois que Windigo, impitoyable, devienne cannibale et décide de se nourrir de la chair des humains qu'il capture. Il empoigna Méméo et sa femme et les jeta dans son immense marmite en criant et en grognant. Puis, Windigo s'éloigna, satisfait et repu ; il avait accompli sa mission diabolique.

Quelques jours auparavant, Méméo et sa femme avaient quitté leur village en déclarant qu'ils reviendraient très vite. Méméo avait même promis qu'il n'irait surtout pas chasser au-delà des limites autorisées.

L'absence prolongée du couple inquiéta le frère de Méméo qui organisa aussitôt une expédition pour retrouver ses parents. Très vite, il découvrit le campement dévasté. Il y avait partout des traces de pas immenses. Cette constatation lui brisa le cour. Son frère et sa belle-sour avaient dû être tués, écrasés en bouillie dans cette incroyable bataille.

- Je pressens un très grave danger pour tous les Indiens des villages environnants. Méméo est venu chasser sur un terrain interdit et il a tué beaucoup trop d'animaux. Je vais tenter de comprendre et appeler les esprits qui nous protègent. Va me chercher une peau de caribou, ordonna le frère de Méméo à sa propre femme. L'homme qui avait aussi, comme le chaman de l'autre village, certains pouvoirs magiques, fit, avec sa peau spéciale, une étrange tente tremblante.

Il y pénétra et put voir clairement tout ce qui s'était passé : le village des Montagnais, paralysé par la famine, les pleurs des enfants et les lamentations des chasseurs découragés. Et puis, surtout, la puissante conjuration du mauvais sort, telle que le chaman l'avait provoquée.

Le frère de Méméo avait tout compris. Il explique à sa femme la vision qu'il venait d'avoir : - Femme, ces traces de géant, le campement déserté et détruit, tout cela est l'ouvre de Windigo, envoyé par un autre chaman pour se venger de Méméo.

- Mais que peut-on faire ? demanda la femme.

- Rencontrer ce chaman et lui parler.

Pour se protéger des mauvais esprits, le frère de Méméo installa sa peau de caribou à l'arrière du traîneau, créant ainsi, selon lui, un écran protecteur contre le Windigo qui était devenu insatiable. Sa férocité se retournait contre tous les Indiens, sans aucune distinction.

Le frère de Méméo prit donc la direction du village du chaman. et Windigo les suivait car il était affamé, mais comme il ne pouvait attaquer les proies qu'à la tombée du jour, il se contenta d'emboîta le pas de ces minuscules êtres humains qui fuyaient devant lui. Le frère aîné de Méméo, qui était vraiment un homme sage, essaierait d'expliquer au chaman qu'en utilisant le mal pour lutter contre le mal, il avait pris le risque de perdre le contrôle de la situation. Le chaman était donc fautif et il fallait très vite mettre un terme à ce désordre.

L'arrivée du groupe intrigua les villageois qui, depuis que Windigo s'était manifesté dans la région, avaient pu recommencer à vivre normalement des fruits de leur propre chasse. La famine avait donc cessé depuis plusieurs jours. Le frère de Méméo prit le premier la parole :

- Où est le chaman de ce village ?

- C'est moi, que me veux-tu ?

- Mon frère est mort par ta faute, il méritait d'être puni mais pas de mourir. Le Grand Esprit a doté les Indiens de pouvoirs magiques pour se défendre contre le mal, non pour utiliser le mal contre les Indiens eux-mêmes. Chaman, tu dois agir immédiatement pour détruire Windigo avant qu'il ne soit trop tard. La nuit va tomber dans un instant. Windigo n'est pas très loin du village. Windigo est devenu cannibale, il a pris goût à la chair humaine, personne ne pourra plus jamais l'arrêter si tu ne donnes pas l'ordre d'essayer de Ie tuer...

Le chaman comprit et accepta les critiques de l'homme sage ; il passa à l'action avec fébrilité:

- Vite, qu'on prépare d'immenses bûchers tout autour du village. Que les femmes aillent cacher les enfants. Préparez vos fusils, la poudre et toutes les charges que vous pourrez trouver. Vite, les enfants, tant qu'il fera jour, Windigo ne vous attrapera pas. Dans cette cachette de neige. II ne vous verra pas. Dépêchez-vous de la bâtir.

Les enfants, intrigués, posaient toutes sortes de questions.

Est-ce que Windigo mange vraiment les humains?

- Ne discutez pas, les enfants, cachez-vous vite, s'écriaient les vieilles femmes.

- Par ici, apportez tous du bois.

- Si nous réussissons à brûler Windigo, il partira.

- Oui, et il faut l'asphyxier avec la fumée aussi. C'est la seule chance que nous ayons.

La coordination du groupe était parfaite, la solidarité des Indiens dans l'adversité avait permis que tout s'organise très vite. C'est ainsi qu'à la tombée de la nuit, tout était prêt pour repousser Windigo.

Le chaman revint dans sa tente pour tromper Windigo. et il en ressortit furtivement par l'ouverture qui était à l'arrière. Si Windigo l'avait vu entrer là, il chercherait à s'attaquer à lui en premier lieu.

- Alors on fera tout flamber pour le tuer, expliqua-t-il.

Dès que la nuit fut tomber, Windigo sortit de sa cachette. La tempête se leva d'un coup. Sûr qu'un énorme festin allait s'offrir à lui, Windigo grognait de plaisir.

- Le village entier doit être puni pour m'avoir dérangé. vociféra-t-il. Je vais tout écraser sur mon passage et éventrer la tente de ce chaman qui a ose m'appeler.

-Il faut repousser Windigo! s'écria le chaman.

La bataille était totale, sans merci. Le chaman avait tout fait pour vaincre le Windigo. Le feu, la fumée, les fusils et puis, surtout l'instinct de conservation des Montagnais. C'était cela la vraie puissance de ce peuple, un peuple mobilisé pour anéantir les forces du mal, les forces de l'excès, de l'égoïsme et de l'avidité.

Seules la solidarité, l'unité du groupe étaient désormais les garants de la victoire.

Le bruit de la lutte était insoutenable, la spectacle, un véritable cauchemar ... Un cauchemar si terrifiant si bruyant qu'il réveilla Mémeo et sa femme qui s'étaient endormis tout en rêvant. Ils avaient rêvé que Windigo était là, en train de les attaquer, de les écraser en bouillie, de les jeter dans son immense marmite de fonte pour les dévorer ensuite.

Toute cette histoire n'était, en fait, qu'un cauchemar, un terrible cauchemar.

Mais pourtant, voilà que Méméo qui venait de rêver à un gigantesque brasier qui anéantissait Windigo, se retrouvait lui-même avec sa femme au milieu d'un véritable incendie. D'un seul coup, sa tente s'était mise a flamber, le feu ravageait le campement, attisé encore par une soudaine et effrayante tempête. Le campement de Méméo était détruit, anéanti à son tour, et cette fois, ce n'était plus un rêve.

Méméo ne comprenait plus rien. Windigo existait-ll vraiment ? Méméo avait-il rêvé ou bien vécu réellement toute cette histoire ? Était-il bien vivant ? Étaient-ils sains et saufs, sa femme et lui ? Il entendit brusquement un craquement de tonnerre : un grincement lugubre s'éleva dans le ciel... Ce Windigo était une créature d'une puissance étonnante car tout en se faisant détester par les hommes, il avait réussi à les réunir afin qu'entre eux, ils apprennent à combattre et à vaincre leurs propres excès.